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PCO : voici pourquoi vous conventionner est nécessaire !

marie coordinatrice pco
avec Marie, Coordinatrice en PCO
christelle cohen jonathan
avec Christelle Cohen Jonathan, Psychomotricienne

PCO 78

sarah callens
avec Sarah Callens, Ergothérapeute

PCO 62

Prise en charge précoce des troubles pour les patients, alternative éthique à Doctolib pour les praticiens non conventionnés, la PCO a le vent en poupe. Mises en place en 2019, les PCO sont encore méconnues du grand public et de certains médecins. Pourtant, elles se développent à grande vitesse en France et ont un rôle capital dans l’avenir de la rééducation des soins pédiatriques. 

Docorga a interviewé une coordinatrice pour faire la lumière sur ce qu’est une PCO et l’intérêt de se conventionner. Nous avons aussi recueilli les témoignages de deux praticiennes conventionnées : Christelle Jonathan-Cohen, psychomotricienne (PCO 78) et Sarah Callens, ergothérapeute (PCO 62)

Sommaire

La PCO, qu’est-ce que c’est ?

Une PCO est une Plateforme de Coordination et d’Orientation. Son objectif est de “dépister, diagnostiquer et prendre en charge précocement” les troubles du neurodéveloppement (TND) chez l’enfant de moins de 6 ans, en leur permettant d’accéder gratuitement à des soins non remboursés par l’Assurance Maladie.  Au 1er juillet 2022, 30 000 enfants ont déjà bénéficié d’une prise en charge PCO, réduisant ainsi l’impact des troubles. 

Les équipes des PCO sont entre autres constituées de coordinateurs et coordinatrices garant du parcours de soins des patients. Marie, coordinatrice en PCO nous détaille sa fonction : “Nous n’avons pas un rôle de soignant mais d’accompagnement des patients dans leur parcours de soins. Pour cela, nous orientons les enfants vers un praticien compétent pour le prendre en charge (au regard de ses formations, sensibilités, etc.).”

Ainsi, en plus d’accompagner et d’orienter les familles vers un psychomotricien, un ergothérapeute et/ou un psychologue,la PCO permet aux patients d’accéder gratuitement aux soins en libéral. Ces prises en charges sont financées par l’assurance maladie en délivrant un financement nommé Forfait d’Intervention Précoce (FIP). De nombreuses PCO ont déjà étendu leurs champs d’intervention aux enfants de 7 à 12 ans ; à terme, ce sera le cas de toutes les PCO (Décret n° 2021-383 du 1er avril 2021).

Marie ajoute : “Nous avons également un rôle de soutien et de formation des professionnels libéraux. Ainsi, nous échangeons régulièrement avec eux pour parler de cas clinique mais aussi de problématique technique ou organisationnelle. Nous participons également à l’élaboration de formations gratuites à destination des professionnels conventionnés. Par exemple cette année nous avons proposé une formation sur les troubles neuro-visuels (une comorbidité fréquente des TND) ou encore une autre sur l’évaluation et prise en charge des bébés à risque de TND.”

PCO, qui pilote la plateforme ?

Chaque PCO est gérée localement, au niveau du département. En mars 2023, il existe 81 PCO en France : 78 sur le territoire métropolitain, une en Guadeloupe, une en Martinique et une à la Réunion.  A terme, il y aura une PCO dans chacun des départements français. Retrouvez ici la carte de France des PCO.

 

PCO, la nouvelle alternative à Doctolib pour développer sa patientèle

Pourquoi se conventionner avec une PCO en tant que praticien ? 

Étendant leur champ d’action aux 7 – 12 ans, la PCO deviendra à moyen terme l’alternative principale à Doctolib.

Aujourd’hui, en début de carrière, nombre de psychomotriciens, ergothérapeutes, psychologues et neuropsychologues s’inscrivent sur Doctolib pour développer leur patientèle, à un tarif de 149€/ mois en 2023. C’est pourquoi Docorga vous recommande de vous conventionner avec une PCO : l’organisme vous apportera gratuitement un flux de patientèle. Votre activité sera pérennisée et éthique, puisque la PCO accompagne des patients ayant un réel besoin de soins. Notez aussi que certaines PCO ou le coût de la vie est élevé mettent à disposition du matériel (comme des batteries de  bilan) : un vrai plus en début de carrière.

PCO, comment être conventionné en tant que praticien ?

Se conventionner avec une PCO n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Pour cela, les PCO contactent directement les praticiens. Chaque professionnel de santé libéral inscrit auprès de son Agence Régionale de Santé (ARS) est sollicité pour savoir s’il veut faire partie du dispositif PCO de son secteur. S’il accepte, il signe un contrat pour une durée indéterminée et qui est résiliable à tout moment. À noter qu’un praticien vivant dans un secteur limitrophe entre deux départements peut appartenir à deux PCO différentes.

Marie détaille les trois façons dont les praticiens se rapprochent des PCO :

  • Le contact direct de la part de la PCO
  • Le réseau pro qui incite certains praticiens à recommander des collègues à la PCO
  • Les parents qui ont commencé une prise en charge avec leur praticien libéral et qui contactent la PCO pour leur demander d’appeler leur professionnel de santé. 

Concrètement, comment se déroule une prise en charge PCO après un adressage ?

  1. Le médecin traitant remplit un formulaire d’adressage et l’adresse directement à la PCO
  2. Un dossier est ouvert à la PCO et l’équipe de coordination prend connaissance du projet pluridisciplinaire
  3. Les coordinateurs identifient des professionnels spécialisés et disponibles.
  4. Après échange avec ce professionnel, les coordonnées sont données à la famille qui prend rendez-vous. En cas de besoin, elle peut aussi être épaulée pour la prise de rendez- vous.
  5. Un Forfait d’Intervention Précoce (FIP)  est alors démarré : les soins sont entièrement gratuits pour la famille.

Comment les parents sont-ils mis en relation avec une PCO ?

Les parents s’interrogent souvent sur le parcours à suivre lorsqu’ils remarquent des troubles de neurodéveloppement chez leur enfant. Souvent, les premiers signes sont constatés par les parents eux-mêmes, par les professeurs ou par les professionnels de la petite enfance. Mais généralement, parents ou enseignants ne sont pas au courant de l’existence des PCO. Ils contactent alors le médecin traitant qui va leur proposer un bilan de neurodéveloppement en les orientant vers ces plateformes. Le médecin remplira pour l’enfant un livret nominatif appelé « Livret « Repérer un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans » ». A réception de ce dernier par l’équipe PCO il est étudié lors d’une commission d’admission.

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Remboursement des séances: qu’est-ce que le forfait d’intervention précoce (FIP) ?

Le forfait d’intervention précoce (FIP) est un financement d’un montant de 1500€ maximum délivré par praticien pour la réalisation d’un bilan et 35 séances de rééducation. La PCO offre ainsi la possibilité aux parents de bénéficier d’une prise en charge complète des séances de psychologie, ergothérapie et psychomotricité, qui ne sont pas remboursées. Contrairement à la MDPH, la PCO règle directement les factures des praticiens sans l’intermédiaire des parents et sans l’intervention des mutuelles privées. La mise en place du FIP n’est possible qu’avec les professionnels conventionnés avec une PCO.

Au-delà de la prise en charge gratuite, la PCO aide ainsi la famille à trouver un praticien le plus rapidement possible, écourtant au maximum l’attente. “Il a été prouvé scientifiquement que la prise en charge précoce permet de limiter/réduire l’impact de ces troubles au long terme” ajoute Marie.

 

Quel est le montant du FIP ? 

 

Le montant du forfait d’intervention précoce (FIP) est déterminé à échelle nationale : il est de 1500€ pour 35 séances et 1 bilan initial. Contrairement à une confusion de nombreux praticiens, le forfait est le même pour toutes les PCO de France. Pour les psychologues, le FIP est légèrement différent (voir tableau ci-contre).

Ce qui varie, c’est le coût de la vie en fonction de la région du praticien. C’est ce qui va rendre le FIP plus ou moins intéressant pour les praticiens. 

 

FIP possibles

Psychomotricien

Ergothérapeute

Psychologue

1

1500 € = 35 séances + 1 bilan (140€)

ou 38 séances

1500 € = 35 séances + 1 bilan (140€)

ou 38 séances

513 € = 12 séances sans bilan

2

  

1500 € = 35 séances sans bilan

3

  

120 € = 1 bilan court

300 € = 1 bilan long

Autre chose qui varie d’une PCO à l’autre, c’est la façon dont le praticien facture les actes à la PCO. La facturation peut se faire par trimestre, par mois, ou toutes les 5 séances (le plus souvent). 

Exemple : Toutes les 5 séances, le praticien facture donc 194€, puisque 194€ *7 = 1358€ (FIP sans bilan)

Note : Pourquoi un forfait plutôt qu’un remboursement à la séance ? Dire qu’une séance est de 39€ avec la PCO reviendrait à standardiser ce tarif, alors qu’il ne reflète pas la diversité des tarifs pratiqués en libéral en fonction des régions. 

Une fois l’accord de renouvellement obtenu, indiquez sur la facture “Renouvellement FIP” à côté de la séance correspondant à la première du nouveau FIP.

Les réunions à l’école et les réunions de synthèses peuvent être facturées à la PCO comme une séance à 39€ jusqu’à 2 fois par FIP.

Combien de temps dure une prise en charge PCO ?

Le temps d’une prise en charge PCO est d’1 an. Cette durée est à titre indicative : c’est-à-dire que les 35 séances doivent rentrer dans cette durée. La durée d’une séance est comprise entre 30 et 45 minutes.

Dans les faits, nombre de séances ou durée, la PCO va se calquer sur un calendrier scolaire, de septembre à juin, comme l’explique la psychomotricienne Christelle Cohen : « le suivi va coller à l’année scolaire car si on s’arrête deux mois l’été, ce n’est pas top. On fonctionne donc de septembre à juin. »

Que se passe-t-il après une prise en charge PCO ?

Dès que s’approche la fin d’un FIP, un point est effectué entre les coordinateurs et les professionnels de santé qui suivent l’enfant, y compris ceux ne faisant pas partie de la PCO. Ensuite, plusieurs options se dessinent en fonction de l’évolution du parcours du soin et du suivi de l’enfant.

Une réunion de synthèse

Marie détaille le protocole habituel : « On fait une réunion de synthèse autour de la 30e séance sans les parents ni l’enfant. On regarde deux choses : où en est l’enfant dans sa progression et quelles sont les orientations possibles pour lui ? – détaillées ci-après – . Ensuite, quelles sont les avancées administratives et sociales pour les parents ? En d’autres mots, à quoi ont-ils droit et où en est leur dossier pour bénéficier d’aides de prise en charge ? »

L’après PCO : les options possibles 

En fonction des résultats de la réunion effectuée, les parents ont plusieurs possibilités. 

  • L’arrêt des soins, en accord avec le médecin réfèrent
  • La poursuite des soins en libéral, à leur charge
  • Le renouvellement d’une PCO pour 35 ou 38 séances sans bilan préalable.  Le renouvellement d’une PCO ne peut s’effectuer qu’une fois.
  • La constitution d’un dossier en Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour bénéficier d’aides financières ou d’une orientation en ESMS, en fonction des troubles

PCO / MDPH : quelles différences et quels liens entre les deux ?

La PCO permet une prise en charge précoce du patient grâce au déclenchement du Forfaitd’Intervention Précoce (FIP). Cette aide vient généralement en amont de l’AEEH, ainsi que ses compléments, dont le délai de traitement par la MDPH est généralement plus long. 

Le FIP s’interrompt lorsque le patient est pris en charge par la MPDH.

Un patient admis en PCO percevra-t-il nécessairement la MDPH ?

Non, un patient suspecté de troubles du neurodéveloppement ne sera pas systématiquement reconnu handicapé par la MDPH. 

Notez enfin que le chemin de paiement diffère de la PCO à la MDPH : la PCO règle directement le praticien, tandis qu’avec la MDPH, c’est le patient qui touche la bourse. Cette bourse MDPH (PCH, AEEH) est directement versée avec les Allocationsfamiliales (CAF). Les parents doivent donc faire attention aux détails de leur CAF pour savoir s’ils ont perçu ces aides.

Les débuts de la PCO : Quelles difficultés et quels points positifs ?

La PCO est un dispositif encore jeune qui peut connaître quelques balbutiements. Mais les professionnels de santé préfèrent retenir le rôle positif de ces plateformes qui révolutionnent l’approche de disciplines de la rééducation.

La coordination, pas encore au même point partout

Dans certaines PCO, tout est informatisé et le gain de temps est considérable avec une plateforme qui centralise toutes les informations de chaque dossier. C’est le cas de Mon Espace Santé promulgué par l’ARS, mais aussi de Docorga qui développe actuellement une solution visant à faciliter l’interaction entre PCO, patients et praticiens. 

Le tarif des PCO, c’est quitte ou double

La difficulté majeure rencontrée par les professionnels de la rééducation lors des PCO concerne la tarification. Bien que le FIP soit le même pour tous les praticiens de France (voir plus haut), un praticien sera plus ou moins avantagé en fonction de sa zone géographique.

Par exemple, Christelle Cohen, qui exerce dans les Yvelines, a un tarif de consultation à 55 € par séance mais sa PCO lui rembourse seulement 39 € par séance. « On est loin des tarifs du libéral », insiste-t-elle. Pour ne pas mettre en danger son modèle économique, elle ne va prendre « que » deux PCO par an. « En région parisienne, c’est dur à tenir, disons qu’on le fait davantage par empathie ». 

Elle constate que sur l’ensemble de son département, la liste de psychomotriciens conventionnés ne comprend que 5 praticiens sur la centaine de professionnels. « Trop peu », déplore-t-elle. En cause, l’écart entre le tarif du libéral et celui proposé par la PCO. Merryl Coudray, psychomotricienne dans le sud de l’Oise, s’était fixée un objectif de 2 à 3 PCO par an : « mais je ne sais pas dire non et j’en ai aujourd’hui 5. Là, j’ai atteint le max que je puisse faire. »

À l’inverse, un praticien exerçant dans une zone où le coût de la vie est inférieur aux grandes zones urbaines, peut être gagnant. Certains ne fonctionnent par exemple qu’avec des PCO car le FIP s’avère supérieur à leur tarif en libéral. “A paris les praticiens reçoivent en moyenne 3 enfants de la PCO (certains 1 d’autres 10)” confirme Marie

L’écueil du tarif compensé par des projets

Marie concède que le tarif constitue le principal frein de développement mais elle souligne que cela peut être compensé par une force de projets. “Nous essayons dans les zones dans lesquelles le tarif est vraiment loin des tarifs moyens pratiqués de mettre en place des projets pouvant contrebalancer l’impact financier. Nous sommes conscients que cela ne suffit pas toujours, c’est pourquoi nous élaborons constamment de nouveaux projets.”

 

Exemples de projets :

– prêts de salle pour pallier à la charge locative (projet en cours de développement à Paris) 

– prêts de tests qui valent pour certains plus de 1000 euros

– elaboration d’un annuaire des structures existantes pour aider les professionnels à faire des propositions à leurs patients

– prêts de matériel sensoriel pour aider les familles à mettre en place les recommandations des professionnels (en cours d’élaboration)

– formations gratuites et échanges de pratiques afin de promouvoir la formation continue en suivant les normes de la HAS

Le point positif : la garantie de paiement

Parmi les difficultés, il faut aussi retenir qu’il y a un point positif : bien que le prix du forfait soit parfois inférieur au tarif du libéral, la PCO assure la garantie de paiement aux praticiens. 

En effet, il peut arriver au praticien libéral de subir les séances impayées. La PCO évite donc de devoir courir après les parents et donc de perdre une grande énergie qui n’est pas consacrée à la pratique du métier.

Les PCO méritent d’être plus connues

Selon Sarah Callens, ergothérapeute, les professionnels de santé ont un rôle dans la communication, même si ce n’est pas leur cœur de métier : « On n’a pas le temps de faire de la communication mais dès que je rencontre un médecin ou un directeur d’école, je parle des PCO. C’est un problème majeur, aujourd’hui : tout le monde ne sait pas. On dit que le premier maillon de la chaîne c’est le médecin généraliste mais moi je crois que c’est plutôt le professeur et il doit être au courant des protocoles qui existent. » Ce à quoi Marie renchérit : “Totalement d’accord ! C’est pour ça que nous sommes en train de rencontrer toutes les CPTS de Paris pour sensibiliser les médecins et paramédicaux, mais aussi la médecine scolaire (médecins, infirmiers, psychologues).”

Un vrai coup de projecteur sur certaines disciplines

Marie est très heureuse de voir le développement des PCO.  « C’est un dispositif en construction mais il est aussi voué à se multiplier avec la généralisation des PCO jusqu’à 12 ans. Cela passera donc par plus de moyens et un accès à un plus grand nombre de patients. Dans le cas de la discipline de psychomotricien, c’est un gros plus et en même temps un gros test pour qu’un jour, on puisse être plus reconnu par l’Assurance maladie. »

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